Conseillé par (Libraire)
1 septembre 2022

Que passent les étés, et que reste la mémoire.

Mélancolique comme une fin d'Eté, "Que reviennent deux qui sont loin" est un beau roman de Pierre Adrian, évocation de vacances passées dans une vieille maison de famille bretonne. Le narrateur, trentenaire célibataire, revient dans cette maison qu'il a déserté pendant plusieurs étés, avec le vague sentiment d'avoir un peu vieilli, l'envie de retrouver sa tribu, et peut-être aussi parce que cette grande maison sera vendue à la mort d'une grand-mère très agée.

Le temps passe à rejoindre les cousins à la plage, les vieux copains au Café du Port, passer voir une vieille tante, faire une après-midi de voile, se retrouver enfant dans ce petit neveu de six ans, un peu plus réservé et grave que les autres, un peu ailleurs, être proche des siens, tout en s'en sentant un peu étranger.

"Les jours se succédaient sans événement, tous semblables au jour précédent. Il ne se passait rien. La matinée s’allongeait jusqu’au déjeuner de treize heures. L’après-midi se confondait en sieste et en lectures. La fin de la journée se déroulait sur le sable où les jeunes parents occupaient depuis longtemps leurs enfants."

L'été passe avec langueur, certains repartent déjà après l'effervescence du 15 Août, alors que la lumière d'été peut s'obscurcir, rassemblant vivants et morts dans une même mémoire, celle d'une famille et de sa maison de vacances.

22,50
Conseillé par (Libraire)
12 janvier 2023

La lumière fut et la fouine sut

La fouine Archy nait dans une portée de plusieurs enfants au cœur de l'hiver. Malheureusement, son père est rapidement tué par un homme à qui il était allé voler un repas. Sa mère, chagrine et irritable suite à cet accident, se demande bien comment elle va réussir à élever seule ses petits. Quand Archy se lance dans sa première chasse pour prouver sa valeur, il se blesse et devient boiteux. Une bouche inutile à nourrir. Sa mère l'amène immédiatement auprès de Solomon, le renard prêteur sur gages, et l'échange contre une volaille et demie. Voici Archy fait esclave du vieux filou qui l'accable de tâches domestiques et le corrige violemment à chaque faux pas. Cependant, le renard ne tarde pas à percevoir chez lui un potentiel. Gardant jalousement ses secrets, il finit tout de même par lui révéler qu'il sait le langage des hommes et a découvert la vérité sur le monde à travers un livre. Solomon propose à Archy de la lui apprendre et c'est ainsi que la fouine fait la connaissance de Dieu, le père de l'Univers, celui qui décide de tout. Mais une autre idée nouvelle le bouleverse encore plus : la conscience de sa propre mortalité. Le temps venu, Dieu peut mettre fin à une vie, comme ça, en un claquement de doigt. Archy pensait que la mort, ça ne touchait que les autres. Ce père de tout est donc un être cruel à qui se vouer tout entier, selon Solomon, qui est persuadé d'être en réalité un homme dans un corps animal. Qui a mené une vie de bandit, a tué et volé, mais compte obtenir le paradis. Que de paradoxes... A quoi se vouer ? Que croire ? Comment vivre quand instinct animal et doute humain cohabitent dans une si petite boule de poils ? D'ailleurs, tout cela a-t-il vraiment un sens ? Ce roman est une excellente et riche réflexion sur l'opposition entre nature et culture et se dévore en une traite. Cette petite fouine d'Archy nous divertit en nous faisant cogiter dur : on adore ça !