Conseillé par (Libraire)
1 septembre 2022

Que passent les étés, et que reste la mémoire.

Mélancolique comme une fin d'Eté, "Que reviennent deux qui sont loin" est un beau roman de Pierre Adrian, évocation de vacances passées dans une vieille maison de famille bretonne. Le narrateur, trentenaire célibataire, revient dans cette maison qu'il a déserté pendant plusieurs étés, avec le vague sentiment d'avoir un peu vieilli, l'envie de retrouver sa tribu, et peut-être aussi parce que cette grande maison sera vendue à la mort d'une grand-mère très agée.

Le temps passe à rejoindre les cousins à la plage, les vieux copains au Café du Port, passer voir une vieille tante, faire une après-midi de voile, se retrouver enfant dans ce petit neveu de six ans, un peu plus réservé et grave que les autres, un peu ailleurs, être proche des siens, tout en s'en sentant un peu étranger.

"Les jours se succédaient sans événement, tous semblables au jour précédent. Il ne se passait rien. La matinée s’allongeait jusqu’au déjeuner de treize heures. L’après-midi se confondait en sieste et en lectures. La fin de la journée se déroulait sur le sable où les jeunes parents occupaient depuis longtemps leurs enfants."

L'été passe avec langueur, certains repartent déjà après l'effervescence du 15 Août, alors que la lumière d'été peut s'obscurcir, rassemblant vivants et morts dans une même mémoire, celle d'une famille et de sa maison de vacances.

Guillaume Lebrun

Christian Bourgois

20,50
Conseillé par (Libraire)
2 septembre 2022

Grande cocasserie

Aux Éditions Christian Bourgois est sortie cette chose délicieusement absurde qui nous a faites pouffer à maintes reprises ! Au XVe siècle, le roi Charles VI est devenu trop zinzin pour gouverner, il lui faut un remplaçant. Armagnacs et Bourguignons se crêpent le chignon pour la succession. Mais bon, pense Yolande d'Aragon, on ne va pas y passer des siècles, ça va bien les embroutillages ! Elle ourdit un plan : il faut à la France une héroïne qui rallie tout le monde derrière elle, qui donne la foi au peuple et qui boute ces satanés Englishes hors du pays parce que ceux-là zieutent sur le trône d'un peu trop près et il ne s'agirait pas qu'ils s'assoient dessus ! Si une telle prophétesse existait, elle pourrait alors désigner le digne successeur du roi et ce serait évidemment le Dauphin reconnu légitime par le clan de ladite Yo. Pas le temps de siester au palais, notre dame de Cour embarque quelques chevaliers et va quérir dans la campagne douze petites qui suivront son entrainement. Au programme : combat, Histoire et religion. Parmi elles, la future élue de Dieu (enfin, de Yolande, si on attend que Dieu se décide, autant regarder le royaume brûler un sachet de pop-corn en main). Ainsi naîtra celle que vous connaissez sous le nom de Jeanne d'Arc, mais vous n'avez sûrement jamais ouï cette version de la légende. On a adoré ce roman audacieux, décalé et impertinent qui se joue de la réalité historique pour mieux nous esbaudir à coup de grandes batailles improbables, d'apparitions d'outre-monde et de combattantes badass en roue libre !