L'Usine

L'Usine

Silvain Chupin

Christian Bourgois

  • par (Libraire)
    3 février 2021

    L'Usine, c'est une entreprise-ville, ou une usine-ville, au choix. En tout cas, elle est grande, étendue, elle englobe tout l'Usine. Le territoire, le quotidien, le fleuve qui la traverse, les animaux qui y zonent, les gens qui y vivent. On ne sait pas bien ce qu'elle produit l'Usine, cela dit.
    Trois personnages, une femme et deux hommes racontent leur quotidien à l'Usine. L'une est chargée de déchiqueter les documents sans importance, l'autre de corriger des papiers au stylo rouge, et le dernier, spécialiste des mousses, de végétaliser les toits. Et puis, en même temps que l'absurdité et l'ennui s'étalent au fil des jours, des étranges animaux font peu à peu leur apparition.

    Roman court et assez énigmatique, l'Usine est un clin d'œil délicat à l'univers kafkaïen, en même temps qu'il questionne avec finesse le monde du travail et l'imprégnation qu'il a sur nos vies. Et bien évidemment aussi ce rapport tout particulier qu'a la société japonaise à la hiérarchie et la codification des relations sociales.
    L'écriture est concise, les phrases courtes rythment ce roman absurde et profondément étrange, parfois très drôle, qui rappelle fortement les ambiances créées par Yoko Ogawa, et bien sûr Haruki Murakami. Habile !


  • par (Libraire)
    29 janvier 2021

    Depuis combien de temps travaillez-vous ici ?

    Une femme et deux hommes sont embauchés par l'Usine, site tentaculaire ressemblant à une métropole avec ses bureaux, ses commerces, ses zones résidentielles et son pont long de plusieurs kilomètres enjambant un fleuve sans fin. Quand on approche la trentaine, avoir un travail et un salaire, n'est-ce pas la meilleure perspective dont on puisse rêver ? Nos trois protagonistes se voient assigner des tâches absurdes : déchiqueter des feuilles de papier, corriger des textes sans aucun rapport les uns avec les autres, étudier les mousses qui poussent sur le site. Le temps passe. Sur les berges du fleuve, des oiseaux aux allures de cormorans mais entièrement noirs passent leurs jours immobiles à scruter l'Usine et leur population ne cesse de grandir. Engoncés dans leur résignation et leur ennui, les personnages finissent par se rendre compte à quel point ce travail joue sur leur moral et sur leur forme physique... dans tous les sens du terme. Très kafkaïen, distillant doucement une ambiance inquiétante, grotesque, ce récit soulève très bien ce que le travail peut avoir d'emprisonnant lorsqu'il n'a aucun sens. Une réflexion toujours des plus actuelles !


  • par (Libraire)
    15 janvier 2021

    Le nouveau Kafka japonais?