Les enchaînés

Franck Chanloup

Au vent des îles

  • par (Libraire)
    2 juin 2022

    Dans l'enfer du bagne

    Fin XIXe siècle, alors que la guerre contre la Prusse est imminente, Victor, jeune bandit de 16 ans, voit son destin chamboulé. Après l'agression d'un bourgeois qui tourne mal, son père, son grand frère et lui se font attraper par les gendarmes. Son paternel ordonne alors au jeune homme d'endosser la responsabilité du crime pour acquitter Alphonse, qui, lui, a une femme et des enfants. N'osant pas discuter la consigne, Victor est alors condamné par le tribunal. D'abord emmené au bagne de Toulon, il se confronte à l'extrême violence des gardiens de prison et doit intégrer très rapidement les codes pour survivre dans cet univers infiniment hostile. Peu de temps après arrivent les communards, des gars endurcis, idéalistes, soudés, qu'on envoie au trou pour leur résistance à l'Empire. Parmi eux, Léopold, un dur à cuire, infatigable défenseur de ses camarades, beau comme un prince. Victor, dans son désespoir, s'attache à ce nouveau venu comme à une bouée de sauvetage. Mais les conditions ne cessent de se durcir et quelques mois plus tard, les voilà sur un navire direction la Nouvelle-Calédonie, le bagne de Nouméa... autrement dit, le bout du monde, pour Victor qui n'a jamais vu l'océan. Les coups pleuvent, leurs geôliers se déchaînent, mais certains n'ont pas l'intention de croupir là-bas. Le roman est inspiré de faits historiques puisque ces bagnes ont réellement existé et l'on imagine que les conditions étaient aussi peu tendres que le décrit Franck Chanloup, qui nous embarque dans une aventure de survie aux côtés d'un héros qui lutte à chaque instant pour la possibilité d'un espoir. Un récit fort et touchant !


  • 20 mai 2021

    19e siècle, bagne

    Attention : ça cogne fort dans ce roman. Les surveillants font régner l’ordre à coup de bâtons, violemment. Et l’auteur me l’a bien fait sentir. J’en étais presque meurtrie….

    Tous est prétexte à humiliation, car les bagnards ne sont que des rebuts de la société de la fin du Second Empire.

    J’ai aimé la toile de fond historique : la Commune de Paris, la chute du Second Empire.

    Je n’ai compris que tardivement le lien qui se crée entre Victor et Léo (l’auteur n’insiste pas tellement sur ce point). Son propos est ailleurs : nous donner à lire les conditions de détention des bagnards.

    Une plongée dans cet enfer où la moindre loque sert de vêtements ; où tout est prétexte à vexation ; où la seule façon de sauver sa vie est de garder la tête basse et de ne pas se faire remarquer.

    Un roman plein d’odeurs fortes (vomis, défécations) et de crasse, de puanteurs et de désespoir.

    Toutefois, c’est un roman de colon blanc qui laisse peu de place aux Canaques (j’en attendais plus sur ce point).

    Et puis l’auteur décrit la rivalité entre le commandant du bagne de Toulon et Léo. Sauf qu’une fois à Nouméa, on n’en entend plus parler. Dommage, j’aurais aimé savoir ce qu’il se passait du côté du bagne des Communards à Nouméa.

    J’ai eu un peu de mal au début de ma lecture avec l’argot de ce garçon de 16 ans. Et puis j’ai fini par m’y faire.

    Une fin ouverte qui n’est pas pour me déplaire.

    Un roman passionnant sur le bagne vécue de l’intérieur.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des Communards enfermés et qui espèrent être libérés rapidement, sans comprendre où ils sont.