Conseils de lecture

19,00
Conseillé par (Libraire)
22 juin 2021

Qu'est-ce qu'être père, qu'est ce qu'être fils ?

On voudrait rester sobre dans le superlatif, par esprit de corps pour l'écriture de Pierric Bailly ! Et pourtant, depuis combien de temps n'ai-je pas été percuté avec une telle puissance par un roman français.
"Le roman de Jim", est en fait le roman du père de Jim, qui n'est pas son "vrai" père, juste le copain de sa mère, mais tellement plus. Lorsque le héros rencontre Flo, elle a 40 ans, lui une bonne quinzaine de moins et il zouzouille un peu dans la vie. Elle est enceinte, mais ça ne le dérange pas. Au lit, il trouve ça bizarre, mais plutôt rigolo, le gros ventre de Florence. Le géniteur est de son côté, trop occupé avec sa famille officielle, et ne fait pas partie de l'histoire. Lorsque Jim va naitre, le narrateur ne va pas être tout chamboulé, et c'est bien progressivement, aux premiers regards, aux premiers sourires de ce petit Jim, qu'un amour infini, définitif, sans limite va naître pour ce bébé.
Cette petite famille bancale se construit, vit, et profite du temps qui passe en douceur, à l'ombre des forêts jurassiennes, jusqu'à ce que le vrai père, ravagé par la perte accidentelle de sa femme et de ses deux petites filles, ne fasse sa réapparition.
Ce roman, tissé d'amour de taiseux et aussi chronique d'un monde pas souvent décrit dans la littérature, celui des petits boulots, des études jamais finies, des emplois chez Paul à la Part Dieu, devient alors un mélodrame aussi puissamment simple et bouleversant qu'un film de Douglas Sirk.
Magnifique exploration sur ce qu'est être père, être fils, "Le roman de Jim" est un formidable roman dont vous vous souviendrez longtemps.


9,00
Conseillé par (Libraire)
5 juin 2021

Un papillon contre un chien gris

August Michelson se souvient de sa vie de comédien au théâtre Estonia, de la troupe de joyeux lurons jouant envers et contre tout pendant que la 1ere Guerre Mondiale fait rage, de sa rencontre avec sa femme Erika, surnommée "Le Papillon", l'âme de leur théâtre. Avouant sans honte manier le mensonge avec grande facilité, Michelson nous balade dans ses souvenirs, parfois vrais, parfois inventés. Il nous dépeint un groupe très touchant et haut-en-couleurs, s'employant à offrir quelque divertissement et espoir au peuple alors que l'Europe est à feu et à sang et que les salles de spectacle deviennent des hôpitaux, protégés qu'ils sont par leurs fables et leurs costumes. L'écriture est superbe, on ne voit pas le temps passer, beaucoup d'émotions dans ce court roman qui nous emporte dès les premières phrases !


20,00
Conseillé par (Libraire)
26 mai 2021

Le nom de cette planète est bien trop long à prononcer !

Eh bien ! S'il y a une première chose que l'on peut dire de ce roman, c'est qu'il ne vous laissera certainement pas indifférent. En gros de ce qu'il me semble, vous serez émus et fascinés ou vous détesterez. Personnellement, il m'a complètement accrochée !

Natsuki est mal-aimée. A la maison sa mère et sa grande sœur passent leurs colères et leurs frustrations sur elle, lui rappelant à chaque instant à quel point sa présence gêne son entourage. Le père, lui, ne dit rien. Ses moments les plus heureux, la jeune Natsuki les vit chaque été durant le festival O-Bon où l'on célèbre les ancêtres dans la maison de ses grands-parents, entourée de toute sa famille. Surtout, elle y retrouve son amoureux, Yû. Ils sont cousins, tous deux sont rejetés, mais ils se marient en secret et se font une promesse : survivre à tout prix. Lorsque se produit l'impensable pour les adultes, Natsuki se fait enfermer chez elle avec interdiction de revoir Yû. Vingt-trois ans passent. Natsuki est mariée, elle s'efforce de devenir chaque jour un parfait outil pour la Fabrique des humains, mais procréer, ça, elle ne le veut pas ! Son mari non plus. Tous deux se savent extraterrestres. Et si le lavage de cerveau n'a pas eu raison d'eux, c'est qu'ils sont voués à vivre comme sur leur planète d'origine. Alors ils partent retrouver Yû dans la vieille maison de famille abandonnée. Pour tenter de vivre enfin libres. Pour faire une expérience... Ce roman étonnant aborde magnifiquement les mécanismes de défense que peuvent produire des êtres fragilisés par la cruauté des autres et le conformisme. Nos héros sont brisés et loufoques, ils sont tendres et décalés, courageux, inadaptés, peut-être un peu fous. Les thèmes sont durs mais le voyage vaut le coup. Alors, vous embarquez ?...


16,00
Conseillé par (Libraire)
25 mai 2021

Monter, voltiger, chuter

L'Ecuyère nous plonge dans l'intimité de Karolina, une adolescente dont le cadre familial ne lui apporte que peu de raisons de se réjouir et dont le corps quelque peu dysfonctionnel lui donne du fil à retordre. Nous sommes à la fin des années 80 en Tchécoslovaquie. Un après-midi, Karolina fugue et va se perdre dans la campagne environnante. Elle tombe sur un centre équestre où s'entraîne Romana, une jeune fille de son âge, handicapée par une jambe plus courte que l'autre. Mais même lorsqu'on est pas bâtie comme un championne, on peut le devenir. Les deux amies s'entraînent dur sur Cecil, un vieux cheval doux et patient. A force d'efforts, de sueur et de persévérance, elles accèdent à des championnats de voltige internationaux. Alors que leur heure de gloire arrive, le mur de Berlin s'effondre, la dictature communiste est renversée, une nouvelle ère s'ouvre. On découvre le Coca-Cola, la publicité, les exigences accrues de rentabilité. Ce qui pouvait ressembler à la liberté n'était peut-être qu'un leurre. Un court récit mélancolique entrecoupé de quelques moments loufoques et un très beau texte sur l'adolescence !


22,00
Conseillé par (Libraire)
20 mai 2021

Sur la terre de ses ancêtres se dessine un nouvel avenir

Très joli moment de lecture que ce roman ! L'autrice nous emmène en Tanzanie dans les années 70 où un couple d'archéologues mène des fouilles dans l'espoir de prouver que cette région est le berceau de l'humanité, foyer d'un seul et même peuple-ancêtre du nôtre. Ian, le mari, a quelque peu perdu l'entrain pour son métier, d'autant que les fonds viennent à manquer. Heureusement la rencontre avec un millionnaire et son impulsive épouse pourraient changer la donne. Essie, la femme, avait juré de ne jamais devenir mère pour se consacrer pleinement à ses recherches. Elle sait que la place qu'elle occupe est une chance que beaucoup auraient aimé s'attribuer. Mais voilà que la tribu nomade des Hadzas la supplie de prendre au camp un bébé dont les chances de survie sont très incertaines durant la saison sèche, où ils doivent effectuer un long voyage. Lorsque les pluies reviendront, la tribu sera de retour et reprendra la petite sous son aile. C'est ainsi qu'Essie se lie à Mara, au grand étonnement de son entourage. Cette rencontre la poussera à réfléchir à tous ses choix de vie. Ce récit tout en délicatesse dépeint avec beaucoup de justesse et d'émotions ces moments où nous nous questionnons en profondeur, pour nous rendre compte que nous ne sommes peut-être plus la même personne que par le passé. On y aborde la maternité (qui ne se cantonne pas aux enfants que l'on a portés), l'émancipation, le poids des racines et la capacité à se réinventer. C'est touchant, c'est beau comme tout, on adore !