Nathalie -.

La Martinière

22,00
par (Libraire)
20 novembre 2021

Le serment

Un homme est assassiné dans une maison un soir de beuverie. Trois protagonistes de l'enquête sont liés de ces circonstances tragiques, et c'est en lien avec ce qu'ils ont vécu avant d'entrer au collège.
Des allers-retours entre l'enquête et l'enfance, comme dire que tout ce qu'on y vit a forcément conséquences sur les adultes devenus.
Et puis la violence.
D'abord celle non explicite des adultes en errance dans leur propre vie envers leurs enfants qui suinte à chaque évocation d'eux. Et le silence, l'impuissance de ceux qui sentent, devinent et ne peuvent ou ne savent intervenir.
Et celle des enfants envers leurs congénères qui se propage, conséquence directe de celle subie chez eux dans une fascination croissante à ne plus la subir et à la générer.
Peu à peu, dans un rythme pertinent, l'auteur distille l'essence même de la violence pour mieux nous y confronter, pour mieux nous interpeller.
Effroi.

Éditions de l'Observatoire

18,00
par (Libraire)
15 novembre 2021

Simone

Voici un premier roman comme plongée pleine dans le siécle précédent.
En 1920, à Paris, Simone rencontre Breton. André est bien jeune et désargenté puisque ses parents lui ont coupé les vivre d'avoir abandonné les études de médecine.
Simone a vingt-trois ans. Cultivée et pertinente, elle rêve de liberté, alors qu'elle se trouve coincée dans les convenances de la bourgeoisie de l'époque. Breton n'est pas un bon parti. Qu'importe, il a le goût de la liberté aux yeux de Simone, il lui plaît.
On perçoit les chemins amoureux d'un autre temps, les gestes à peine effleurés des débuts de la passion, la nécessité impérieuse de la jeunesse d'échapper aux conventions, à la dite bienséance, aux convenances.
L'écriture de Léa Chauvel-Lévy, fine, donne à percevoir cette jeunesse Dada, son cheminement à devenir dans l'expérimentation autre à écrire, à créer, après l'horreur de la grande guerre qui l'a laissée traumatisée, dans l'espoir de réinventer le monde.

20,00
par (Libraire)
9 novembre 2021

Les occasions manquées

Une auteure allemande que je ne connaissais pas et un titre qui met en haleine ont piqué ma curiosité.
Deux personnages féminins dans la quarantaine et des pére, beaux-père au coeur du sujet, et qui les chagrinent méchamment.
Kurt, le père de Martha, après avoir brillé par son absence s'impose à elle d'un cancer incurable qui le touche. Il veut qu'elle l'emmène en Suisse pour l'accompagner dans sa démarche de suicide assisté.
Betty, auteure d'un seul livre, en manque d'écrire, sous anxiolythique et meilleure amie depuis des lustres de Martha, se trouve embarquée dans l'expédition, alors qu'elle-même souffre du manque d'un beau-père décédé depuis plusieurs années, sur la tombe duquel elle ne parvient pas à aller.
Ce voyage ne se passera pas du tout comme prévu, se compliquant des événements au fil du trajet. Ces femmes peuvent compter sur leurs pères pour les surprendre, pour le meilleur ou pour le pire.
Le comique ne cesse de se mêler au tragique. L'histoire, farfelue, déjantée, oscillant entre road movie et polar, ne cesse de nous confronter aux déroutes propres à notre époque dans un humour mordant et délicieux. C'est un livre régénérant !

Extrait plein d'humour, pour vous faire une idée. C'est le moment du départ vers la Suisse, pour Martha, Betty et Kurt.

"C'est bien que vous veniez aussi, m'a dit Kurt. Etre conduit par deux si jolies femmes, ce n'est pas donné à tout le monde, pas vrai ?"
Tous les trois, nous avons hoché la tête, et je me suis demandé avec effroi si nous allions rester ainsi à hocher la tête indéfiniment. Des hochements de tête pour pallier le manque de mots. Qu'est-ce que j'ai pu hocher la tête dans ma vie ! Une vraie réincarnation de teckel dodelinant du chef sur la plage arrière d'une voiture. Je faisais partie de cette catégorie de gens qui hochent la tête, assis sur une chaise de cuisine, quand on leur annonce que c'est fini. Et les huit heures que j'allais passer au volant ne seraient pas différentes. Je fixerais la route, je hocherais la tête et je serrerais les dents. J'aurais dû emporter ma gouttière dentaire.

par (Libraire)
3 novembre 2021

Le silence des dieux

Dans le désert, le village de la Source des Chèvres, se retrouve isolé, de l'accès bloqué par les soldats. Nul ne sait pourquoi. On cherche un responsable, un coupable à condamner pour échapper à ce qui finit par être pensé malédiction.
Le maître ne vient plus assurer l'école puisqu'il vit à l'extérieur du village, plus aucune denrée n'entre, et le village est coupé du reste du monde.
Luttes de pouvoir entre les hommes, et l'obscurantisme qui tente d'étendre sa voie.
Seul le fou du village semble élever une voix juste et audible mais qui veut l'entendre ?
Les femmes tentent peu à peu de s'organiser pour assurer la subsitance au quotidien, pour que la violence ne l'emporte pas sur la raison, pour apaiser les rancoeurs.
Elles vont même plus loin, fuient ces hommes enlisés dans leurs folies et créent un nouvel espace où vivre en liberté.
Cet ouvrage a l'effet d'un charme sur le lecteur. Les mots coulent de source, justes, simples, salvateurs. Il donne à voir belle perspective et profondeur face aux maux humains.

Amazone de l'art moderne

Steinkis

par (Libraire)
19 octobre 2021

Georgia O'Keeffe

C'est une biographie romancée qui oscille en permanence entre le présent et le passé. Le graphisme est épuré, les couleurs sobres. Tout le long du récit, l'urgence pour Georgia O'Keeffe est d'organiser au mieux ce qu'elle veut laisser de traces d'elle en temps qu'artiste peintre une fois qu'elle aura disparu. A cette occasion, on découvre peu à peu son parcours, d'abord comme enseignante, puis comme artiste pleinement. On lit son cheminement intellectuel, sa vie amoureuse et le parcours artistique auprès d'Alfred Stieglitz, puis seule. Certes, il la fit découvrir par les photographies de nus qu'il exposa, ce qui la blessa profondément, motivant ainsi un travail acharné chez la peintre pour exister de son unique talent. On capte, dans cet ouvrage, les questionnements et les choix artistiques qu'ils ont provoqués chez Georgia, son tempérament intense, dur et sans concession, sa capacité à toujours surprendre, allant toujours à contre-courant.