Ludivine F.

9,00
par (Libraire)
5 juin 2021

Un papillon contre un chien gris

August Michelson se souvient de sa vie de comédien au théâtre Estonia, de la troupe de joyeux lurons jouant envers et contre tout pendant que la 1ere Guerre Mondiale fait rage, de sa rencontre avec sa femme Erika, surnommée "Le Papillon", l'âme de leur théâtre. Avouant sans honte manier le mensonge avec grande facilité, Michelson nous balade dans ses souvenirs, parfois vrais, parfois inventés. Il nous dépeint un groupe très touchant et haut-en-couleurs, s'employant à offrir quelque divertissement et espoir au peuple alors que l'Europe est à feu et à sang et que les salles de spectacle deviennent des hôpitaux, protégés qu'ils sont par leurs fables et leurs costumes. L'écriture est superbe, on ne voit pas le temps passer, beaucoup d'émotions dans ce court roman qui nous emporte dès les premières phrases !

Sayaka Murata

Denoël

20,00
par (Libraire)
26 mai 2021

Le nom de cette planète est bien trop long à prononcer !

Eh bien ! S'il y a une première chose que l'on peut dire de ce roman, c'est qu'il ne vous laissera certainement pas indifférent. En gros de ce qu'il me semble, vous serez émus et fascinés ou vous détesterez. Personnellement, il m'a complètement accrochée !

Natsuki est mal-aimée. A la maison sa mère et sa grande sœur passent leurs colères et leurs frustrations sur elle, lui rappelant à chaque instant à quel point sa présence gêne son entourage. Le père, lui, ne dit rien. Ses moments les plus heureux, la jeune Natsuki les vit chaque été durant le festival O-Bon où l'on célèbre les ancêtres dans la maison de ses grands-parents, entourée de toute sa famille. Surtout, elle y retrouve son amoureux, Yû. Ils sont cousins, tous deux sont rejetés, mais ils se marient en secret et se font une promesse : survivre à tout prix. Lorsque se produit l'impensable pour les adultes, Natsuki se fait enfermer chez elle avec interdiction de revoir Yû. Vingt-trois ans passent. Natsuki est mariée, elle s'efforce de devenir chaque jour un parfait outil pour la Fabrique des humains, mais procréer, ça, elle ne le veut pas ! Son mari non plus. Tous deux se savent extraterrestres. Et si le lavage de cerveau n'a pas eu raison d'eux, c'est qu'ils sont voués à vivre comme sur leur planète d'origine. Alors ils partent retrouver Yû dans la vieille maison de famille abandonnée. Pour tenter de vivre enfin libres. Pour faire une expérience... Ce roman étonnant aborde magnifiquement les mécanismes de défense que peuvent produire des êtres fragilisés par la cruauté des autres et le conformisme. Nos héros sont brisés et loufoques, ils sont tendres et décalés, courageux, inadaptés, peut-être un peu fous. Les thèmes sont durs mais le voyage vaut le coup. Alors, vous embarquez ?...

Ursula KOVALYK

Intervalles

16,00
par (Libraire)
25 mai 2021

Monter, voltiger, chuter

L'Ecuyère nous plonge dans l'intimité de Karolina, une adolescente dont le cadre familial ne lui apporte que peu de raisons de se réjouir et dont le corps quelque peu dysfonctionnel lui donne du fil à retordre. Nous sommes à la fin des années 80 en Tchécoslovaquie. Un après-midi, Karolina fugue et va se perdre dans la campagne environnante. Elle tombe sur un centre équestre où s'entraîne Romana, une jeune fille de son âge, handicapée par une jambe plus courte que l'autre. Mais même lorsqu'on est pas bâtie comme un championne, on peut le devenir. Les deux amies s'entraînent dur sur Cecil, un vieux cheval doux et patient. A force d'efforts, de sueur et de persévérance, elles accèdent à des championnats de voltige internationaux. Alors que leur heure de gloire arrive, le mur de Berlin s'effondre, la dictature communiste est renversée, une nouvelle ère s'ouvre. On découvre le Coca-Cola, la publicité, les exigences accrues de rentabilité. Ce qui pouvait ressembler à la liberté n'était peut-être qu'un leurre. Un court récit mélancolique entrecoupé de quelques moments loufoques et un très beau texte sur l'adolescence !

par (Libraire)
20 mai 2021

Sur la terre de ses ancêtres se dessine un nouvel avenir

Très joli moment de lecture que ce roman ! L'autrice nous emmène en Tanzanie dans les années 70 où un couple d'archéologues mène des fouilles dans l'espoir de prouver que cette région est le berceau de l'humanité, foyer d'un seul et même peuple-ancêtre du nôtre. Ian, le mari, a quelque peu perdu l'entrain pour son métier, d'autant que les fonds viennent à manquer. Heureusement la rencontre avec un millionnaire et son impulsive épouse pourraient changer la donne. Essie, la femme, avait juré de ne jamais devenir mère pour se consacrer pleinement à ses recherches. Elle sait que la place qu'elle occupe est une chance que beaucoup auraient aimé s'attribuer. Mais voilà que la tribu nomade des Hadzas la supplie de prendre au camp un bébé dont les chances de survie sont très incertaines durant la saison sèche, où ils doivent effectuer un long voyage. Lorsque les pluies reviendront, la tribu sera de retour et reprendra la petite sous son aile. C'est ainsi qu'Essie se lie à Mara, au grand étonnement de son entourage. Cette rencontre la poussera à réfléchir à tous ses choix de vie. Ce récit tout en délicatesse dépeint avec beaucoup de justesse et d'émotions ces moments où nous nous questionnons en profondeur, pour nous rendre compte que nous ne sommes peut-être plus la même personne que par le passé. On y aborde la maternité (qui ne se cantonne pas aux enfants que l'on a portés), l'émancipation, le poids des racines et la capacité à se réinventer. C'est touchant, c'est beau comme tout, on adore !

Les Éditions du Sonneur

17,00
par (Libraire)
22 avril 2021

Le réel et l'illusion

Voici un court roman dévoré à peine sorti des cartons de nouveautés ! Si le début met du temps à se mettre en place, on fini happé par l'expérience étrange que vit l'héroïne, 41 ans, historienne de l'Art passionnée par les peintre hollandais du XVIIe. Depuis trois ans, suite à un drame familial, la vie de Patricia n'a plus qu'une saveur fade. Son travail à la bibliothèque d'un musée est devenu sa seule source de réconfort. Mais voilà que débarque à l'improviste Mickey, un lointain cousin venu d'Irlande, où sa famille a des racines. 25 ans, extrêmement charismatique, Mickey semble très pressé de faire la connaissance de Patricia. Dès le premier rendez-vous, elle succombe, se sent renaître, brulante d'un feu qu'elle croyait à jamais éteint. Alors Mickey évoque son plan. Un plan qui implique qu'elle quitte les Etats-Unis pendant un court séjour pour aller habiter seule dans un petit cottage rudimentaire en terre d'Irlande. Un plan qui implique un tableau, le préféré de Patricia, Jeune femme au luth. Mais dans toute cette histoire, qu'est-ce qui est bien réel, et où commence l'illusion ? L'autrice parvient à dépeindre avec énormément de justesse un sentiment à mi-chemin entre la mélancolie et la douceur que procure l'impression d'entrer dans une nouvelle phase plus lumineuse de sa vie. Seulement, il arrive que certaines impressions soient trompeuses. Un roman parfait pour qui aime Vermeer, les cottages irlandais et les relations ambigües !!